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Télétravail : Quel avenir après le confinement ?

En cette période de sortie de confinement, de nombreux salariés retrouvent leur entreprise après avoir été contraints au télétravail. Un travail à distance permanent qui se pratique habituellement de façon partielle. C’est l’occasion de tirer les enseignements de ce mode de travail plébiscité par un salarié sur deux en temps normal.

 

 

Que représente le télétravail en France ?

 

Hors période de confinement, où le télétravail a été imposé du jour au lendemain à beaucoup de salariés, le travail à distance n’a cessé de progresser en France depuis 2017, date à laquelle le cadre juridique est devenu plus favorable et a assouplit les règles du travail à distance.

 

Selon une étude publiée par Malakoff Médéric-Humanis en 2019, 5,2 millions de personnes, soit 17% des salariés, ont recours au télétravail à temps plein ou partiel, en moyenne 7 jours par mois. Les personnes concernées sont généralement des cadres entre 35 et 49 ans, plutôt répartis dans des tailles d’entreprises différentes et 1/3 d’entre eux résident en région parisienne.

 

Chaque année, ce nouveau mode de travail en pleine expansion (plus 700 000 personnes en 2019) séduit de plus en plus de salariés car il répond à des attentes professionnelles nouvelles. La souplesse qu’il apporte dans l’organisation de la journée de travail permet de mieux concilier vie professionnelle et personnelle.

 

 

Un win-win employeur-employé… 

 

Contrairement à une idée reçue, plusieurs enquêtes* menées sur le télétravail démontrent qu’il rend le salarié plus efficace : plus de problème de transports et plus de temps perdu dans les trajets entre le domicile et le bureau. Un gain de temps et de fatigue important que le salarié peut consacrer à son travail.

 

De plus, le télétravail facilite la concentration : moins de temps perdu dans des réunions improductives et la machine à café. L’étude précise que « les outils de communication actuels pallient en grande partie la nécessité d’un face à face présentiel ». Sans compter un cadre de travail plus confortable et moins bruyant, propice à une efficacité accrue.

 

Enfin, la confiance et l’autonomie accordées par le manager à son collaborateur en télétravail participent à une meilleure productivité. 79% des sondés indiquent que le télétravail crée un engagement accru à leur entreprise. En effet, les employés épanouis restent plus longtemps dans la même entreprise.

 

Du côté de l’employeur, le bilan est aussi positif. 86% des entreprises constatent une augmentation de la productivité et 84% une augmentation de la qualité du travail produit.

Ainsi, en accordant plus de souplesse et d’autonomie à ses salariés, l’entreprise renforce l’attractivité de sa marque employeur. Un aspect stratégique dans certains secteurs d’activité qui ont du mal à recruter.

 

 

…Sous réserve de respecter certaines conditions

 

On l’aura compris, le télétravail partiel volontaire séduit par bien des aspects. Pourtant, il n’est pas sans risque s’il n’a pas été préparé sur un plan technique et managérial et s’il n’est pas adapté au profil psychologique du collaborateur. Certains ressentent un sentiment d’isolement social et redoutent que leur évolution dans l’entreprise soit retardée. Et 57 % d’entre eux constatent une augmentation de leur temps de travail.

 

Alors, qu’en est-il lorsqu’il est permanent et subit du jour au lendemain ? Après seulement deux semaines de confinement, 76% des Français en télétravail regrettaient déjà leur bureau**. Une situation qui illustre bien les contradictions entre vie professionnelle et vie de famille.

 

Parmi les 70% de télétravailleurs recensés, 89% n’avaient pas l’habitude de travailler à distance et découvraient le home office. Or une grande majorité n’ont pas une pièce dédiée pour s’isoler, une nécessité pour pouvoir se concentrer et travailler efficacement.

 

De même, beaucoup de néo télétravailleurs ont eu du mal à structurer leur temps de travail.

32% d’entre eux avaient le sentiment de travailler plus longtemps que d’habitude. Et près d’un sur deux avouait faire l’impasse sur le déjeuner.

 

Enfin, beaucoup de collaborateurs ont ressenti un fort sentiment d’isolement. Ne plus avoir connaissance des petits ou grands événements de l’entreprise, une sociabilité restreinte entre collègues et des échanges virtuels moins spontanés, ont créés une frustration et un éloignement psychologique. Heureusement, les entreprises ont pris l’initiative d’organiser régulièrement des réunions et des apéros en visioconférences, afin de recréer des rituels ou moments réguliers pour « faire le point ».

 

Vous l’aurez compris, 73% des hommes et 79% des femmes avouaient regretter leur bureau !

 

 

Et après le Corona virus ?

Actuellement, les millions de salariés qui ont effectué un télétravail à leur dépend, retournent avec entrain au bureau pour redécouvrir la sociabilité entre collègues et la vie d’entreprise.

Néanmoins, nous pouvons raisonnablement penser qu’il y aura un avant et un après en termes de télétravail, même s’il est encore trop tôt pour comprendre les impacts de cette période exceptionnelle sur les attentes des collaborateurs et des entreprises. Il faudra du temps pour retrouver un rythme de croisière, même s’il est probable que cette pratique s’ancre définitivement dans les habitudes de travail des français. Le télétravail partiel offre en effet un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, et moins de stress.

 

 

 

*Enquêtes Polycom 2017 et L’Observatoire du télétravail et de l’ergostressie 2018

**Etude Deskeo

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