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L’essor du marché d’occasion : une opportunité à saisir pour le retail

Depuis la crise financière de 2007, le boom du marché de l’occasion ne se dément pas. Acheter seconde main est tellement entré dans les mœurs des Français que certaines marques commencent à s’en inquiéter. À tort car c’est une opportunité à saisir pour faire revenir les clients en magasin et être en accord avec leurs nouvelles attentes, plus exigeantes.

 

À l’origine, un bouleversement des pratiques de consommation : acheter moins cher, plus vite et de manière plus responsable.

 

Le contexte économique morose a entraîné une baisse du pouvoir d’achat. Les consommateurs ont plus de difficulté à débourser beaucoup pour des produits neufs et dont la qualité peut être perçue comme en baisse. Ainsi le prix est la première raison qui a poussé 60% de ces nouveaux acheteurs d’occasion à franchir le pas selon l’Institut Français de la Mode.

Pour 40% d’entre eux, ensuite, ce sont des raisons idéologiques qui les ont motivés. Les consommateurs, par conscience écologique, ne veulent plus jeter et ils se méfient de plus en plus des grandes enseignes qui privilégient la rentabilité à tout prix.

Enfin, le développement des réseaux sociaux et de la vente en ligne a dopé cette pratique. Le business peer-to-peer est facilité par la multiplication des plateformes de mise en relation entre particuliers comme Leboncoin – 5 millions de visiteurs uniques chaque jour – ou encore l’application Vinted qui a doublé son trafic en un an en France. Même Facebook a lancé sa propre marketplace d’occasion. Une stratégie tout sauf anodine puisque selon une étude de ThredUp, les 18-24 ans représentent 33% des consommateurs d’occasion.

 

Un marché qui touche tous les produits et tous les consommateurs…

 

Le secteur du textile a été le premier à se confronter à ce bouleversement de consommation. D’après l’IFM toujours, les acheteurs de vêtements de seconde main sont deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans pour s’établir aujourd’hui à 39% des Français. On estime que le marché de l’occasion atteindra $44 milliards d’ici 2028. Cela en partie grâce à la revente de produits de luxe car les clients sont autant en quête de rareté que d’authenticité.

Mais aujourd’hui, tout se revend ! De l’électroménager, aux poussettes en passant même par les produits de beauté. En 2019, les Français étaient 60% à acheter des produits d’occasion contre 47% il y a 10 ans (études de Sociovision).

Une vente sur deux est réalisée en ligne, suivis par les dépôts-vente (qui représentent 9 à 11% des ventes en valeur mais qui sont amenés à se multiplier) puis les vide-greniers et petites annonces.

Le secteur du retail se demande donc comment réagir face à ce nouveau marché qui incite les consommateurs à se détourner de l’achat neuf et à privilégier les ventes entre particuliers et en ligne. Pourtant en y regardant de plus près, ce nouveau phénomène peut se révéler un réel atout pour les enseignes.

 

…et contre toute attente, qui augmente les ventes en magasin

 

Certaines marques ont déjà compris qu’Internet et les friperies n’avaient pas le monopole de ce nouveau marché et qu’au contraire, il était possible d’en faire un réel levier de croissance.

Tout d’abord parce que ce marché donne l’opportunité aux marques de valoriser de nouveau l’expérience physique. Ainsi, le Printemps a invité l’enseigne Tilt Vintage à avoir son propre corner à l’étage mode féminine, Patagonia a ouvert son premier pop-up store seconde main l’année dernière au Colorado et le Trocathlon initié il y a près de 30 ans par Décathlon n’a jamais connu autant de succès, invitant de nombreux adeptes de l’enseigne à aller « flâner » les bonnes affaires dans les magasins les plus proches de chez eux lors de ce rendez-vous annuel.

Surtout les marques peuvent tirer parti de ce phénomène pour établir leur présence sur Internet en lançant leurs propres marketplaces d’occasion en ligne. C’est le cas de « Seconde Histoire » (Cyrillus), « Le Good Dressing » (groupe Galeries Lafayette), « Worn Wear » (Patagonia), « Camaieu &Cie Le vide-dressing » ou encore « La Dépanne » (Mr Bricolage) pour ne citer qu’elles.

Afin que ces circuits en ligne ne fassent pas concurrence à leur propre circuit physique, des enseignes, comme Camaïeu, font en sorte que le revendeur vienne en magasin déposer son article et que l’acheteur de ce dernier vienne le récupérer au même endroit. Mieux encore : le client-revendeur gagne un bon d’achat qu’il peut dépenser directement en magasin. Avec le drive-to-store, le client revient donc en magasin. Dans les années à venir, ces initiatives devront logiquement se démocratiser.

 

On l’aura compris le marché du retail doit dès aujourd’hui prendre en compte le nouveau phénomène de l’occasion. C’est un acte durable, responsable et encouragé d’où une vraie attente du côté des consommateurs envers les enseignes. Ce marché doit être vu par ces dernières comme une aubaine de faire revenir ses clients en magasin et d’investir l’espace digital pour parler aux milleniums. Certaines enseignes ont bien compris les nouveaux comportements d’achat des consommateurs. On peut s’attendre à une rapide généralisation sur l’ensemble des grandes enseignes.  

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