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L’enjeu stratégique de la livraison express

La métamorphose du commerce par Internet entraine de plus en plus de consommateurs à faire leur course directement sur le Web. Les hypermarchés se vident progressivement, les consommateurs leurs préférant le e-commerce, le drive et les livraisons rapides. 

D’après une récente étude menée par Nielsen, les Français auraient ainsi dépensé un peu plus de 6 milliards d’euros sur le web pour leurs courses alimentaires en 2017, soit 6,6% des dépenses totales.

Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous sommes les champions des achats alimentaires sur le web, devant les anglais. Cette réalité demande de repenser l’ultime étape de l’acheminement des biens de consommations : c’est le dilemme du « dernier kilomètre ».

L’attrait des français pour les courses en ligne s’explique par une spécificité bien française : le drive, le retrait en voiture des courses commandées en ligne. Aujourd’hui, le drive représente 80% des ventes alimentaires, contre 20% pour la livraison à domicile. Grâce à ce service gratuit, les distributeurs traditionnels ont réussi à limiter le développement des pure players. Mais cette situation devrait changer rapidement, notamment dans les grandes villes. Selon les experts, la bataille du service et de la livraison de marchandises en zone urbaine va nettement s’intensifier.

La livraison express est devenue le nouveau « graal » du commerce dans les grandes agglomérations, qu’il s’agisse de courses alimentaires, de la restauration ou des produits vendus sur Internet. Pour les clients, ce nouveau service présente deux avantages : la rapidité, bien sûr, mais aussi la souplesse horaire, le colis pouvant être déposé tard, après les horaires de bureau.

Les français semblent évoluer rapidement, mettant le modèle français de la livraison J+1 en difficulté. C’est le modèle de l’e-commerce alimentaire, livraison J+zéro, en une heure voire en trente minutes qui semble aujourd’hui correspondre aux attentes d’une clientèle toujours plus pressée.

Dans la grande distribution, la bataille fait rage pour s’illustrer comme le meilleur service de livraison express à domicile. En témoigne les récentes alliances entre Casino et Ocado (leader anglais de l’e-commerce alimentaire) en passant par Franprix et Carrefour qui créent tous deux un partenariat avec Stuart (filiale de La Poste dédiée à la livraison), sans oublier Monoprix Gourmet et Amazon Prime Now, qui proposent une livraison en une heure. La mutation est en cours et son enjeu stratégique nécessite de repenser et de réorganiser complètement la chaine logistique (stockage, entreposage et livraison).

L’arrivée d’Amazon accélère la mutation du marché

Avec l’arrivée d’Amazon, les enseignes traditionnelles accélèrent leur mutation. À juste titre, car sa réussite fait peur :  Amazon pèse 4% du retail et 44% de l’e-commerce USA !

Les acteurs du marché français bénéficient toutefois d’un atout sur le leader américain. Leurs supermarchés sont déjà implantés sur le territoire, et à des lieux stratégiques ! Ils peuvent utiliser leurs supermarchés comme autant d’entrepôts bien répartis dans la ville. Casino a été le premier à réagir via son site Cdiscount qui livre en une heure trente à Paris depuis janvier 2015, au départ d’une dizaine de magasins. Carrefour s’y met aussi depuis le début de l’année, proposant la livraison de 3.000 produits de base en moins d’une heure, à partir d’une dizaine de supermarchés Market.

Pour séduire les clients, les enseignes multiplient les offres de service : livraisons gratuites à partir d’un certain montant d’achat, et différents types de livraison pour s’adapter aux attentes et aux modes de vie des clients, particulièrement des livraisons à pied en une heure. Reste pour ceux qui sont en charge de l’acheminement des colis à trouver un modèle rentable. Un casse-tête. Car la gestion du fameux « dernier kilomètre » s’avère complexe.

Et la livraison du futur ?

La livraison du dernier kilomètre s’est développée parallèlement à la digitalisation. Une association efficace qui ne fait que commencer. L’intervention de l’intelligence artificielle dans le processus opérationnel est déjà testée pour anticiper les pics de livraison via des algorithmes qui prennent en compte l’historique des ventes des e-marchands, la météo qui impacte les achats, et les opérations marketing des enseignes par exemple.

L’apparition des drones livreurs n’est qu’une question de temps également. Dans un souci d’automatisation de la livraison pour atteindre une meilleure productivité, La Poste expérimente les drones dans le Var. Leur but : « atteindre 0% d’instance ». La livraison quasi-immédiate, qui s’adapte aux disponibilités du destinataire, voilà le futur.

Sources : Le Figaro, Xerfi