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Achats groupés : la fin des consommateurs passifs

Pourquoi se priver de payer moins cher ? A plusieurs la négociation est facilitée. Aujourd’hui les consommateurs ne veulent plus être passifs et la tendance à l’économie collective les incitent à trouver de nouveaux moyens de consommer. Il existe deux formes d’achat groupé : les coupons ou deal, pour l’achat spontané et opportuniste et l’achat groupé pour répondre à un besoin précis.

L’idée a germé et l’offre s’est diversifié et étendue à d’autres lanceurs d’appel.

Les coupons ou deals

Créé en 2008 à Chicago, le leader Groupon génère aujourd’hui plus de 3 milliards de chiffre d’affaires et enregistre 35 millions de clients dans le monde. Une fois inscrit et « géolocalisé » sur le site, l’abonné reçoit quotidiennement un email lui indiquant le « deal du jour » matérialisé par un coupon de réduction à imprimer ou un code à indiquer au prestataire. Les offres allant de la manucure au mobilier, ou encore du permis bateau au vélo d’appartement. Le contrat passé avec le prestataire ne prend effet que si un nombre défini de consommateurs achètent le deal. Le deal n’est concrétisé que si un nombre suffisant d’acheteurs s’est manifesté.

Même si le consommateur est, la plupart du temps, satisfait de son « affaire » il lui faut néanmoins éviter quelques écueils. Certaines réductions tarifaires ne correspondent à aucune réduction réelle, voire même parfois l’inverse ! Il arrive aussi que le produit ne soit plus disponible ou que certains prestataires de service, du fait de leur taille, soient incapables de répondre à la demande. Certaines allégations sont même parfois trompeuses. Alors il faut être vigilant et vérifier dès qu’on le peut les conditions générales sur le site du fournisseur de l’offre.

Pour le prestataire, l’avantage N° 1 est d’augmenter (momentanément ?) son chiffre d’affaires mais n’est pas à l’abri de pâtir de cette technique de vente. Des marges négatives, une notoriété et fidélité du client pas évidente et des délais de paiement parfois floues peuvent faire hésiter certains commerçants.

D’autres acteurs sur le marché tirent leur épingle du jeu (La Fourchette, KGBdeal, igraal…) quand Amazon a fait le choix de ne pas se lancer sur ce marché phagocyté par Groupon.

L’achat groupé

En France, l’idée est née de l’ouverture du marché de l’électricité et du gaz à la concurrence jusqu’alors monopole d’EDF-GDF. Sélectra, le premier, en collaboration avec l’association Familles de France, a lancé l’offre d’achat groupé pour trouver le meilleur fournisseur au meilleur prix. La force du nombre leur a permis d’obtenir des réductions allant de 8 à 15 %, soit en moyenne une économie annuelle de 198 euros et sans limite dans le temps. En 2016, Selectra en a fait profiter à 20 000 personnes et a décidé de réitérer l’expérience avec d’autres partenaires. Le principe est simple et s’organise en 4 phases. Une pré-inscription permettant de connaître le nombre de personnes intéressées. Selectra procède alors à une mise en concurrence des acteurs du marché. La meilleure offre est ensuite communiquée aux personnes ayant manifesté leur intérêt pour finir par la souscription au contrat. Fort de son succès, Sélectra se lance aujourd’hui sur l’offre de téléphonie mobile, box et internet.

Mais ils sont loin d’être les seuls ! Certains groupes fermés, tels Gens de confiance, proposent à ses membres de s’unir pour négocier et obtenir des réductions. Des sites, notamment Smiile (250 000 membres), proposent aux habitants d’un même quartier d’acheter en groupe des fruits et légumes de producteurs locaux, du vin, de l’huile d’olive, de la viande, des fleurs leur faisant profiter de tarifs négociés et de mutualisation des frais de livraison.

Des groupes privés sur les réseaux sociaux fleurissent. Leur fonctionnement repose sur une cooptation pour intégrer le groupe. Puis chacun expose son offre. Offre très variée puisqu’elle peut aller de l’inscription dans une salle de sport, de billets d’entrée dans un parc d’attraction en passant par l’organisation d’un voyage à un saut en parachute ou encore les fournitures scolaires.

L’intérêt pour le fournisseur est bien-sûr de capter une nouvelle clientèle importante à moindre coût et sans investissement.

Le site entreacheteurs.com propose de laisser une annonce exposant un achat prévu et invitant chacun exprimant le même besoin à se joindre à lui pour négocier le meilleur tarif. Les annonces les plus fréquentes proposent de se mutualiser pour l’achat de fuel, de bois de chauffage, de plants, d’outils… voire même de services du type ramonage annuel ou lavage des fenêtres ! Il est plus facile d’obtenir une ristourne si l’on achète 10 000 litres de fuel plutôt que 1 000 !

Pour conclure, même si le phénomène n’est pas totalement nouveau, l’avènement de l’internet a permis une plus grande mutualisation et a grandement facilité et augmenté le pouvoir d’achat de ces cyberconsommateurs. Ces particuliers ne font qu’adapter les techniques des centrales d’achat. Mais comme pour tout le succès d’une telle opération dépend du leader qui saura fédérer et négocier !

Même si les Français restent encore frileux et hésitants, ce mode d’achat ne devrait que progresser.

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